Soumission chimique
Qu'est-ce que la soumission chimique ?
La carte 7♣
Soumission chimique : informations et conseils

De quoi parle-t-on ?
La soumission chimique consiste à administrer une ou plusieurs substances psychoactives à des victimes à leur insu ou sous la menace, dans un but criminel ou délictueux. Contrairement à une idée répandue, elle ne se limite pas à l'utilisation du GHB, souvent appelé « drogue du violeur ». Les substances employées sont principalement des médicaments tels que des somnifères, des sédatifs, des anxiolytiques ou des antihistaminiques.
Ce phénomène n'est pas restreint aux environnements festifs. Selon la dernière enquête nationale sur la soumission chimique menée par l'ANSM, dans la majorité des cas, ce sont les proches, qu'ils soient professionnels, amicaux ou familiaux, qui sont impliqués en premier lieu. Les victimes sont souvent des personnes vulnérables, abusées ou maltraitées, parfois de manière répétée et sur le long terme.
Dans le cas de la soumission chimique, l'absence de souvenirs clairs de l'agression ou de l'agresseur, ainsi que la difficulté à reconnaître les symptômes, compliquent la prise de conscience de leur statut de victime.
Le fait d'administrer à une personne, à son insu, une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes afin de commettre à son égard un viol ou une agression sexuelle est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende.
Ressources utiles
Quelques sites à visiter pour continuer à se renseigner sur la soumission chimique
Quels sont les symptômes ?
Seules des analyses toxicologiques permettent de mettre en évidence l'administration d'un médicament ou d'une drogue par l'agresseur. Voici tout de même les symptômes récurrents d'une soumission chimique :
- Amnésie totale (blackout) ou partielle (flashs)
- Comportement inhabituel
- Somnolence
- Vertiges
- Perte de l'équilibre
- Trouble de la vision
- Bouffées de chaleur
- Palpitations
- Nausées
- Vomissements
Ces symptômes doivent alerter s'ils sont associés à des faits criminels ou délictuels possibles :
- Traces de violences physiques, douleurs
- Désordre vestimentaire
- Vol d'effets personnels...
Quand elle opère dans la sphère conjugale ou intrafamiliale, la soumission chimique s'inscrit souvent dans une routine insidieuse. La survenue des symptômes précités peut alors intervenir à répétition et à toute heure de la journée voire au long cours.
Quelle que soit la situation, il est nécessaire d'écouter ses doutes. N'hésitez pas à contacter les conseillers du CRAFS.

Le CRAFS
Centre de Référence sur les Agressions Facilitées par les Substances
Téléphone : 01 40 05 42 70
Horaires : Lundi à vendredi : 9h - 13h et 14h - 18h
Contacter le CRAFSQuelques conseils pour minimiser les risques en soirée
- Dans la mesure du possible, rester en groupe, être accompagné·e par des amis qui veillent et peuvent réagir en cas de danger
- Avoir un membre du groupe qui ne boit pas ou ne consomme pas de substances et pourra ramener ses amis et amies
- Ne pas quitter son verre des yeux, ne pas accepter de verre de la part d'un inconnu ou d'une inconnue. Il est également possible d'utiliser des couvercles ou protèges verre anti-drogue, disponibles au bar ou à l'entrée des soirées à Centrale
- Contrôler sa consommation d'alcool (en ayant à l'esprit que l'effet des médicaments augmente lorsqu'on consomme de l'alcool) ; en cas de doute ou d'agression, il est important de parler de ce qui est arrivé, à des personnes de confiance et à des professionnels et professionnelles de santé qui pourront écouter et accompagner chaque victime.
Je suis victime
Comment réagir ?
Parles-en à des personnes de confiance pour qu'elles te prennent en charge. En soirée, rapproche-toi de la sécurité, des rondes Peer Care, de la Zone Chill ou du Bar. En cas de doute ou d'agression, il est important de parler de ce qui est arrivé, à des personnes de confiance et à des professionnels et professionnelles de santé qui pourront écouter et accompagner chaque victime de soumission chimique ou de vulnérabilité chimique.
Numéros à contacter en cas d'urgence
17
Numéro de la police
à contacter en cas d'urgence, si victime ou témoin
114
Numéro d'urgence en cas de difficultés à entendre ou parler
3919
Violences Femmes Infos
Numéro d'écoute et d'orientation, anonyme, gratuit, 7j/7, 24h/24
Tu es victime d'agressions facilitées par les substances ?
La détection de ces substances dans le corps est souvent difficile, leur durée de présence est souvent courte (de quelques heures à quelques jours). C'est pourquoi le recours rapide aux services d'urgences est essentiel afin que des prélèvements soient effectués avant la disparition du produit dans l'organisme. La réaction doit aussi être rapide sur le plan sanitaire (évaluation médicale, contraception d'urgence en maximum 5 jours, suivi infectieux pour prévenir une contamination VIH/hépatite B en 48h maximum, accompagnement psychologique...)
Parcours de prise en charge des agressions facilitées par les substances
Quelles sont les étapes à suivre en cas d'agression facilitée par les substances ?
- 1
Déposer plainte
Vous pouvez déposer plainte dans tout commissariat/gendarmerie (voir liens 1 et 2 ci-dessous).
- 2
Faire une consultation médicolégale
Le rendez-vous est donné à la suite du dépôt de plainte. Cette consultation permet d'accéder à des prises en charges médicales (traitement de prévention infectieux et contraception d'urgence) et de conduire la recherche d'éventuels éléments de preuve (constat des lésions, recherche d'ADN étranger et de spermatozoïdes, prélèvements à visée toxicologique…). Tu peux aussi te faire dépister gratuitement (VIH et IST) dans un centre CeGIDD (lien 3 ci-dessous)
- 3
Se faire accompagner par une association d'aide aux victimes
Les associations d'aides aux victimes vous proposent un accompagnement gratuit, pluridisciplinaire (juridique, psychologique, social) et confidentiel. (Annuaire en suivant le lien 4 ci-dessous)
Je suis témoin ou proche de la victime
Si vous êtes en soirée, rapprochez-vous de la sécurité et des organisateurs pour signaler le cas de soumission chimique.
En tant que témoin ou proche, il est crucial de soutenir la victime en premier lieu. Rassurez-la, informez-la des démarches possibles et accompagnez-la si elle décide de les entreprendre. La bienveillance et l'écoute sont essentielles.
Accompagner une victime, c'est aussi respecter ses choix, même s'ils diffèrent des vôtres. Si elle ne souhaite pas porter plainte, respectez sa décision.
Cependant, pour les personnes vulnérables (mineurs, personnes âgées, personnes en situation de handicap, sous protection juridique…), il est impératif d'agir.
Les conseils de cette page s'adressent également à vous. Les dispositifs mentionnés dans les parties précédentes sont aussi à votre service en tant que témoins ou proches. Le soutien psychologique est important non seulement pour les victimes, mais aussi pour vous.
J'organise une soirée
De nombreux outils sont disponibles pour réduire entre autres le risque de soumission chimique lors de soirées. En tant qu'organisateur, tu peux mettre en place des mesures de prévention et de sécurité pour protéger les participants. Voici quelques conseils :

Sources : Le CRAFS, Plateforme gouvernementale Arrêtons les Violences, #Mendorspas, le guide Cpas1option.com, Hospices Civils de Lyon




