Tentative et comportement suicidaires
Comprendre un comportement suicidaire ou une tentative de suicide
La carte 7♠
Tu n'es pas seul·e. Contacte le 3114 ou un·e psy.

Chaque année en France, environ 9 000 personnes décèdent par suicide. Pour chaque décès, il y a environ 20 tentatives. Parmi les étudiants français, 8 % déclarent avoir pensé au suicide et 4 % avoir déjà tenté d'en finir avec leur vie. La tentative de suicide est un acte dirigé contre soi-même avec l'intention de mourir, mais sans aboutir au décès.
9 000
décès par suicide
en France chaque année
2ème
cause de mortalité des 15-24 ans
après les accidents de la route
4%
étudiants ayant tenté
un acte suicidaire
Le suicide est souvent précédé d'idées suicidaires. C'est le résultat d'une accumulation de souffrances et de facteurs personnels et environnementaux (il n'y a pas une « cause » unique). Ce n'est pas un acte impulsif sans signe avant-coureur. Il se développe souvent progressivement sous l'effet de la souffrance mentale. Reconnaître les facteurs de risque et en parler avec un professionnel peut aider à prévenir le passage à l'acte.
Les raisons invoquées par les personnes ayant tenté de se suicider
Les raisons invoquées par les personnes ayant tenté de se suicider sont multiples. Parmi elles, on retrouve souvent :
- La nécessité d'échapper à une souffrance émotionnelle insupportable. Le suicide apparait comme l'unique solution à sa situation désespérée.
- La volonté d'interpeller son entourage et de montrer son mal-être : c'est un appel à l'aide.
Je suis en souffrance
Je me sens mal ou dépassé·e
Si tu te sens mal ou dépassé·e, il est important de le reconnaître et d'en parler. Tu n'es pas seul·e dans cette situation, et il existe des ressources pour t'aider.
Je me sens mal ou dépassé·e
Si tu te sens mal ou dépassé·e, il est important de le reconnaître et d'en parler. Tu n'es pas seul·e dans cette situation, et il existe des ressources pour t'aider.
- 1
Tenir un journal de tes sentiments ou des choses que tu apprécies vraiment
- 2
Appeler un·e ami·e ou un membre de ta famille en qui tu as confiance, pour parler de ce que tu ressens ou juste pour te changer les idées
- 3
Essayer de te détendre en écoutant de la musique, en méditant, en allant te promener
- 4
Te dépenser en faisant du sport
- 5
Communiquer avec un professionnel de la santé mentale : infirmière, médecin généraliste, psychologue, 3114, etc.

Infirmerie
Infirmerie de Centrale Lyon
Téléphone : Voir les informations
Email : Voir les informations
Horaires : Lundi à jeudi : 7h30 - 15h30, Vendredi : 7h30 - 15h00
Voir les informationsJ'ai des idées suicidaires
Peu importe les raisons qui t'amènent à avoir de telles idées, ta douleur est légitime. Bien des choses peuvent t'inciter à mettre fin à ta vie, par exemple : les émotions se sont accumulées avec le temps, la douleur que tu ressens devient intolérable, un déclencheur ou événement subit… Si tu as de telles pensées, il est important que tu demandes de l'aide. Tu peux :
- Utiliser ton plan de mise en sécurité si tu en as un, ou en crééer un avec une personne formée.
- Appeler un·e ami·e ou un membre de ta famille en qui tu as confiance
- Contacter un professionnel du 3114
A qui en parler ?
- Ton entourage : tes ami·e·s, ta famille, tes professeur·e·s, ton tuteur ou ta tutrice PCP, etc.
- Un·e élève formé·e aux premiers secours en santé mentale ou en contactant l'association Peer Care
- Un·e professionnel·le de santé : infirmière, médecin généraliste, psychologue, etc.
- Un·e professionnel·le de la prévention du suicide via la ligne 3114. Cela pourra t'aider à explorer des options et à trouver l'aide disponible qui correspond le mieux à ta situation et à tes besoins. Il peut s'agir, entre autres, d'une ligne d'écoute, d'un lieu de consultation près de chez toi ou encore d'un centre d'accueil et de crise.

3114
Numéro national de prévention du suicide
Téléphone : 3114
Horaires : 24h/24 et 7j/7
Voir le site webJe m'inquiète pour quelqu'un
La carte 4♦
Si tu détectes que quelqu'un va mal, en parler peut tout changer.

Les signes d'alerte et les facteurs de risques
Les personnes de ton entourage n'osent pas forcément parler de leurs idées et de leur détresse. Il est donc important d'être attentif aux signes qui pourraient indiquer qu'elles ont besoin d'aide. Par exemple :
- Les changements d'humeur soudains (colère, tristesse, etc.), l'expression de désespoir ou de vengeance
- Les propos et écrits sur la mort ou le suicide, la menace de se faire du mal ou de se tuer
- L'éloignement de sa famille ou de ses ami·e·s
- L'anxiété, l'agitation ou la somnolence permanente
- L'engagement dans des activités risquées, imprudentes et apparemment irréfléchies
- La recherche de moyens de mettre fin à ses jours (médicaments ou autres moyens)
- Le sentiment d'être piégé·e ou de ne plus avoir de raisons de vivre
Attention : certaines personnes plus fragiles peuvent agir de manière compulsive, sans que leur mal être soit visible.
La consommation d'alcool ou de substances peut aussi aggraver les comportements suicidaires.
Plan d'action en cas de suspicion de crise suicidaire
Voici les différentes étapes résumées pour assister une personne en cas de suspicion de crise suicidaire. Chaque étape est détaillée dans les parties suivantes. Si tu te sens dépassé·e en tant qu'aidant·e, tu peux contacter à tout moment le 3114 ou l'infirmière.
- 1
Entame la conversation
Si le cadre et le moment vous conviennent à tou·te·s les deux, mentionne ce que tu as remarqué sans juger ni faire culpabiliser. Si tu soupçonnes des idées suicidaires, sois direct·e en abordant la question.
- 2
Écoute activement
Laisse la personne s'exprimer sans l'interrompre. Montre-lui que tu es là pour l'écouter, reste calme et ouvert.
- 3
Détermine l'urgence de la situation
Si la personne a prévu un scénario suicidaire, si elle a des moyens concrets pour passer à l'acte ou si elle tient des propos inquiétants, on peut alors considérer que la situation est urgente.
- 4
Ne promets jamais de garder le secret
Cherchez ensemble des personnes et des moyens de l'aider. Explique-lui que ce n'est pas par trahison mais par inquiétude.
- 5
Si la situation ne compromet pas sa sécurité immédiate
Oriente-le ou la vers des professionnels (3114, hôpitaux, etc.). Vous pouvez aussi réaliser à 2 un plan de sécurité.
- 6
Si la situation présente un danger immédiat de suicide
Contacte les services de secours (15 ou 112) ou le 3114 pour demander des conseils sur la situation.
Entame la conversation
Interroge-toi : es-tu capable de mener cette conversation, et es-tu disponible et à l'écoute ?
Choisissez un cadre agréable qui vous convienne à tou·te·s les deux : dans un endroit calme et isolé, au parc ou autour d'un café, au téléphone...
Mentionnez ce que vous avez remarqué sans juger ni culpabiliser :
- « Je ne t'ai pas beaucoup vu ces derniers jours. Est-ce que tout va bien ? »
- « J'ai l'impression que tu vas mal. Tu veux qu'on en parle ? »
- « Tu n'es plus le même. Je m'inquiète. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
- Reconnaissez ses émotions : « Ça semble vraiment difficile. », « J'ai l'impression que tu es triste. »
- Faites-lui savoir que vous êtes là pour lui : « Merci de te confier à moi. Je suis là pour toi. »
Aborder la question du suicide :
- Il faut être direct pour lui donner la possibilité de parler de ses souffrances (cela montre que tu t'inquiètes pour lui ou elle) : « As-tu des idées suicidaires ? », « Envisages-tu de te donner la mort ? »
- Pas de jugement de valeur (ex. « quelque chose de stupide »), pas de sous-entendu
- Reste calme et empathique
Si tu ne te sens pas capable de mener la conversation, oriente vers quelqu'un d'autre : l'infirmière, une personne formée PSSM, un·e professionnel·le de santé ou le 3114.
Ecoute activement
- Fais preuve d'empathie lorsque la personne parle de ce qu'elle ressent, n'entre pas dans un débat.
- Ecoute sans jugement et sans culpabiliser.
- Pose des questions ouvertes (auxquelles on ne peut pas répondre par oui ou non) afin de maintenir une conversation.
- N'hésite pas à reformuler ou à clarifier certains points, afin de montrer ton intérêt et d'être sûr·e de bien comprendre.
- Récapitule ce qu'il dit : « Si je comprends bien, tu te sens... »
- Ne ramène pas la conversation à toi et ne tente pas d'émettre un diagnostic de trouble psychique.
Détermine l'urgence de la situation
Afin d'évaluer l'urgence de la situation, tu peux surveiller plusieurs points. On peut considérer que la sécurité de la personne est compromise si :
- Il ou elle a prévu un scénario suicidaire (quand, où, comment)
- Il ou elle a des moyens concrets pour passer à l'acte (armes, médicaments, etc.)
- Il ou elle fait ses adieux
- Il ou elle tient des propos évasifs : « T'as bien mieux à faire que de t'occuper de moi », « J'ai pensé à une solution, mais je ne veux pas en parler »
- Il ou elle tient des propos allusifs : « J'en ai assez de me battre », « Bientôt, vous n'aurez plus à entendre parler de moi »
- Il ou elle tient des propos explicites : « J'en peux plus, plutôt me tuer que de vivre ça », « Pour moi, la mort est la seule option »
Construire un plan de sécurité
Construire un plan de sécurité
Rédiger ce plan permet de s'y référer lorsqu'on est moins en capacité de chercher des solutions, et de traverser les périodes où les pulsions suicidaires arrivent. C'est un accord entre la personne en souffrance et le secouriste.
- 1
Enumérer les signes
qui indiquent qu'une crise suicidaire peut arriver.
- 2
Enumérer les stratégies d'adaptation
pour détourner les pensées suicidaires, se calmer et se réconforter.
- 3
Dresser la liste des lieux, des activités sociales et des personnes
qui peuvent t'aider à te distraire.
- 4
Dresser la liste des contacts
à joindre en cas de crise.
- 5
Enumérer les professionnels de soins de santé mentale
selon leurs horaires d'ouverture et les numéros de téléphone 24h/24 7j/7 en cas de crise.
- 6
Sécuriser le plus possible ton environnement
- 7
Énumérer tes raisons importantes de vivre
et pourquoi tu es toujours en vie.
- 8
Énumérer les moyens de se mettre en sécurité
Il vaut mieux se focaliser sur ce que la personne peut faire (et non pas sur ce qu'elle ne doit pas faire). Soyez clairs et précis.
Les contacts d'urgence

3114
Numéro national de prévention du suicide
Téléphone : 3114
Horaires : 24h/24 et 7j/7
Voir le site web

Infirmerie
Infirmerie de Centrale Lyon
Téléphone : Voir les informations
Email : Voir les informations
Horaires : Lundi à jeudi : 7h30 - 15h30, Vendredi : 7h30 - 15h00
Voir les informationsUn point sur l'automutilation
L'automutilation est le fait de se faire du mal à soi-même, souvent en se coupant, en se brûlant ou en se griffant. C'est une manière pour certaines personnes de gérer des émotions intenses. L'automutilation n'a pas pour but de se donner la mort, et peut même aider à éviter de passer à l'acte. Les conseils ci-dessus s'appliquent uniquement si la personne est suicidaire.
Si ce n'est pas le cas, tu peux te référer à la page automutilation qui traite de l'automutilation non suicidaire.
Respecte tes propres limites et prends soin de toi
Tu es un·e ami·e, pas un·e thérapeute.
- Encourage la personne à s'ouvrir à d'autres. « À qui d'autre en as-tu parlé ? »
- Appelez ensemble le numéro national de prévention du suicide au 3114.
- À la suite de cette conversation, et si tu t'en sens capable, maintiens un contact. « Comment te sens-tu aujourd'hui ? »
- Si elle ou il planifie de façon imminente de mettre fin à sa vie, appelle le 3114, et efforce-toi de ne pas la ou le laisser seul·e.
Offrir du soutien à une personne qui vit des difficultés peut être très valorisant. Mais cela peut aussi avoir un impact sur toi : tu peux rapidement ressentir de la fatigue, voire de l'épuisement. Pour arriver à rester disponible pour l'autre, il est essentiel de prendre soin de soi et de respecter ses limites.
Il est donc important que tu :
- Détermines jusqu'où tu peux apporter ton aide.
- Ne fasses pas de promesse intenable.
- T'accordes des moments de repos où tu pourras penser à autre chose.
- Cherches le soutien de ton entourage.
- Contactes le 3114, pour toi, en cas de besoin et à tout moment.
Je suis impacté·e par un suicide
La carte D♠
Faire le deuil lorsqu'on est impacté·e ou témoin d'un suicide.

Perdre quelqu'un par suicide est une épreuve douloureuse. Se sentir coupable, confus, en colère ou chercher des réponses est normal. Ce n'est pas parce que la personne a agi ainsi qu'elle ne t'aimait pas.
Si tu as été témoin ou trouvé le corps, tu peux ressentir stress post-traumatique, flashbacks, cauchemars. Même si tu n'étais pas apparenté·e, ton ressenti est légitime. Parler de ce que tu vis avec un ami ou un professionnel (ex. 3114) peut aider.
Le deuil n'est pas linéaire : sidération, chaos émotionnel, questionnements et culpabilité sont fréquents. Avec le temps et le soutien, tu pourras trouver de l'espoir et continuer à vivre avec ton chagrin.

Nightline Lyon
Service d'écoute nocturne gratuit pour les étudiant·e·s
Téléphone : 04 85 30 00 10
Horaires : Tous les soirs, de 21h à 2h30
Voir le site webJ'ai été témoin d'un suicide
Tu ne réaliseras peut-être pas immédiatement que le suicide a eu un impact significatif sur toi. Tu pourras penser que tu ne devrais pas être affecté·e de la même manière, que ta réaction n'est pas légitime. Cependant, face à ce traumatisme, en parler peut t'aider, que ce soit à un ami ou via une ligne d'assistance comme le 3114.
Comment traverser le deuil ?
Les premiers jours qui suivent un suicide engendrent quelque fois une perception déformée de la réalité, une sidération. Cette période est généralement suivie d'un chaos dans les pensées et les sentiments, engendrant par là des questions comme « Pourquoi ? », « Aurais-je pu remarquer quelque chose ? », « Qu'aurais-je pu faire ? », « Pourquoi ne m'a-t-elle/il pas parlé de sa souffrance ? ». La douleur de la perte peut s'accompagner de réflexions relatives à l'abandon, l'impuissance, le désespoir, la culpabilité, la colère… Les personnes endeuillées par suicide rapportent qu'à un moment, contre toute attente, elles découvrent qu'il y a de la place pour autre chose : un projet, un espoir. Ce n'est pas tant que ton chagrin diminue ; c'est que tu grandis avec ton chagrin.
Pour aller + loin : la formation PSSM
Les PSSM (Premiers Secours en Santé Mentale) constituent l'aide qui est apportée à une personne touchée par un trouble ou une crise de santé mentale. Les premiers secours sont donnés jusqu'à ce qu'une aide professionnelle puisse être apportée ou jusqu'à ce que la crise soit résolue. Ils sont l'équivalent en santé mentale des gestes de premiers secours qui, eux, apportent une aide physique à la personne en difficulté. Ouverte à toutes et tous, et sans pré-requis, la formation PSSM vise à apprendre à savoir réagir face à une détresse psychique : entrer en contact, soutenir et orienter. La formation est dispensée à Centrale par l'infirmière : si tu es intéressé·e, tu peux la contacter ou voir avec l'association Peer Care.
Sources : Etat de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en France n°13, 3114, PSSM France

