Violences sexistes et sexuelles

De quoi parle-t-on ?

La carte 9♥

La pyramide des VSS

La carte 9♥

Qu'est-ce qu'une VSS ?

Les violences sexistes et sexuelles (VSS) regroupent les violences sexuelles (actes à connotation sexuelle commis avec violence, contrainte, menace ou surprise) et les violences sexistes (injures ou comportements humiliants basés sur le genre).

Si les chiffres recensés à Centrale Lyon sont plus bas que les moyennes nationales dans l'enseignement supérieur, les VSS restent présentes au sein de l'établissement :

26

VSS

recensées à Centrale Lyon sur l'année scolaire 2023-2024

93,3%

des VSS

se déroulent en soirée selon les victimes

50%

des victimes environ

ont demandé de l'aide

Les formes moins visibles : l'iceberg des violences sexistes

La violence sexiste ne se limite pas aux agressions visibles et choquantes mais prend aussi de nombreuses formes, souvent banalisées, invisibles ou normalisées dans la vie quotidienne. C'est ce que met en lumière le modèle de l'iceberg de la violence sexiste. Au sommet de l'iceberg, on trouve les violences qui sont reconnues par la société comme inacceptables, et clairement punies par la loi, et qui ont été évoquées en détail précédemment. Cela ne représente que la partie émergée d'un ensemble plus vaste. Sous la surface, on trouve une vaste zone de comportements qui ne sont pas toujours perçus comme de la violence, mais qui en constituent pourtant les racines. Ces actes, parfois considérés comme « anodins », alimentent un climat sexiste et facilitent les violences plus graves.
On y trouve :

Illustration

Ces comportements, souvent moins visibles que ceux au sommet de l'iceberg, peuvent aussi être très présents dans une relation de couple.

L'espace vital, c'est quoi ?

L'espace vital, c'est l'espace dans lequel tu te sens en sécurité, à l'abri de toute violence ou pression. C'est un espace qui t'appartient et que tu peux définir comme tu le souhaites. Il est important de respecter l'espace vital de chacun·e, et de ne pas le franchir sans consentement. Phusiquement, il peut correspondre à une distance d'environ 40cm autour de la personne, mais elle peut varier selon les individus et les contextes.

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VSS : L'espace vital

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Evaluer ma situation : les violentomètres

Si tu te sens perdu·e face à une situation, tu peux utiliser les violentomètres suivants pour évaluer ta situation et savoir si tu es victime ou témoin d'une VSS.


Je suis victime de VSS

Sur le moment, comment agir ?

Si tu subis une VSS, sache d'abord que ce n'est pas de ta faute. Essaie de te mettre en sécurité (quitte les lieux, va chez un·e ami·e, appelle quelqu'un) et de rester entouré·e si possible. En soirée, différents personnes sont là pour t'aider : tu peux aller voir les rondeurs Peer Care (gilets roses), les rondeurs sécurité (brassards jaunes) ou les vigiles. Tu peux aussi te rendre en zone Chill, où tu seras accueilli·e par des étudiant·e·s formé·e·s pour t'aider.
Si tu es en danger immédiat, appelle le 17 (police) ou le 18/112/114 (pompiers).

Conserve tous les indices matériels de l'agression (vêtements, photos, SMS, messages, témoignages), et évite de nettoyer ou de laver quoi que ce soit. Cela permettra de réaliser un examen médico-légal : le ou la médecin recherchera des traces (ADN, blessures, drogues potentiellement administrées) et pourra établir un certificat médical utile pour une plainte. Des tests de dépistage (VIH, grossesse, hépatites, etc.) seront proposés si nécessaire.
Pour réaliser un examen medico-légal, tu peux te rendre chez un médecin ou en centre hospitalier.

A qui en parler ?

Il est important de parler de ce que tu as vécu. Tu peux en parler à quelqu'un de confiance (ami·e, parent, professeur·e, etc.) ou à un professionnel. Il existe plusieurs ressources à Centrale Lyon et à l'extérieur pour t'aider.

EN INTERNE

Tu peux contacter l'infirmière de Centrale Lyon, qui est formée pour t'aider et te conseiller. Elle peut aussi t'orienter vers des professionnels extérieurs si nécessaire. En tant que professionnelle de santé, elle est soumise au secret médical, ta confidentialité est donc garantie. Tu peux décider d'en rester là et poursuivre ton signalement plus tard si désiré.

Infirmerie

Infirmerie

Infirmerie de Centrale Lyon

Téléphone : Voir les informations

Email : Voir les informations

Horaires : Lundi à jeudi : 7h30 - 15h30, Vendredi : 7h30 - 15h00

Voir les informations

Tu peux aussi faire remonter ton témoignage aux écoutants internes : associations (BDE, Le Mouv', Peer Care...) ou cellule d'écoute.

La cellule d'écoute est composée de 4 personnels, qui sont là pour t'accompagner et pour faire remonter l'information en interne. Tu acceptes ainsi que l'école prenne en main la situation, et qu'elle mène une enquête interne. En tant que fonctionnaires, ils ont aussi l'obligation de faire remonter ton témoignage au procureur de la République.

Cellule d'écoute

Cellule d'écoute

Dispositif d'écoute et d'accompagnement de Centrale Lyon

Email : Voir les informations

Voir les informations

SERVICES EXTERNES

Tu peux aussi t'orienter vers des ressources externes, garantissant l'anonymat et la confidentialité. Aucun retour n'est transmis à l'école, tu peux donc décider d'en rester là tant que tu le souhaites.

Arrêtons les violences est une plateforme du gouvernement. Elle regroupe toute les ressources disponibles : le 3919 (7j/7, 24h/24, numéro d'écoute, d'information et d'orientation), un tchat en ligne (7j/7, 24h/24 pour signaler des violences et être accompagné·e) et un annuaire des associations autour de toi.

Arrêtons les violences

Arrêtons les violences

Aide au téléphone, en ligne, ou via une association

Téléphone : 3919

Horaires : 24h/24, 7j/7

J'ai besoin d'aide

Si tu ne souhaites pas en parler, c'est ton droit ! Se sentir prêt·e peut prendre du temps.

Porter plainte

Porter plainte est une démarche importante qui peut aider à faire cesser les violences et à protéger d'autres personnes. C'est aussi un moyen de faire reconnaître ce que tu as vécu et de chercher justice. Cependant, cette décision t'appartient entièrement et il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Tu peux porter plainte immédiatement après les faits, ou prendre le temps de réfléchir avant de te décider. Si tu le souhaites, tu peux te faire accompagner par un proche au commissariat.

Un certificat médical n'est pas nécessaire pour porter plainte en cas de VSS.


Je suis témoin ou proche

Agir comme témoin

Lorsque que tu es témoin de VSS, certains réflexes simples et actions concrètes peuvent faire la différence. Mieux vaut réagir ou alerter les autres pour rien que ne pas réagir du tout. Tu peux appliquer les conseils de la section « Je suis victime » ci-dessus, tous les organismes présentés sont aussi là pour encadrer les témoins. Quoiqu'il en soit, montre à la victime que tu la crois et que tu es là pour elle, informe-la des moyens à sa disposition et respecte ses souhaits, sans prendre de décision à sa place. Tu peux aussi récolter des preuves (audio, vidéo...) en vue de les transmettre à la victime et aux autorités uniquement.

En tant que témoin, tu peux avoir aussi vécu une situation traumatisante. Il est important de prendre soin de toi aussi. Tu peux contacter l'infirmière de Centrale Lyon ou les associations mentionnées dans la partie "Je suis victime" pour en parler.

La carte 5♣

Réagir face à une VSS en soirée

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Accueillir un témoignage

Face à une personne victime de VSS, il est essentiel d'adopter une posture bienveillante, respectueuse et soutenante. Ainsi, pour contrer les stratégies de la personne responsable des VSS, souvent fondées sur l'isolement, la dévalorisation ou la culpabilisation de la victime, il est crucial de soutenir la personne dans ce qu'elle vit, sans jugement ni pression.

En revanche, il est important d'éviter certains comportements qui pourraient aggraver la situation de la victime ou la mettre mal à l'aise. Voici quelques exemples de ce qu'il ne faut pas faire :

La réaction de certaines victimes face à une VSS peut sembler irrationnelle pour quelqu'un qui n'a pas vécu la situation. Il est important de prendre en compte les 3 points suivants :

« Pourquoi je n'ai pas dit non ? »

Comment expliquer cette réaction chez une victime de VSS ?

  1. 1

    La sidération

    Lorsque le cerveau est soumis à une violence trop grande, on peut se sentir comme tétanisé·e, pétrifié·e. On ne peut pas crier, ni parler et dire non, ni bouger. Le cerveau se bloque et cela peut créer une amnésie traumatique.

  2. 2

    La dissociation

    C'est une forme de déconnexion entre l'esprit et la réalité, donnant l'impression de sortir de son propre corps. Ce mécanisme permet de réduire l'intensité des émotions sur le moment, afin de mieux faire face à une situation traumatisante. A posteriori, cela peut donner lieu à un discours sans émotion, puisque la victime voit la situation avec une distance. Pour autant, cela ne signifie pas que ce qu'elle a vécu n'est pas grave ou ne l'a pas touchée !

  3. 3

    La banalisation des violences

    En fonction du milieu dans lequel on a grandi et évolué, on peut percevoir certaines violences comme plus acceptables. Là encore, ce n'est pas parce que la personne exprime un détachement qu'il ne faut pas prendre sa situation au sérieux !


Sources : Arrêtons les violences, formation Fil'Action, Portail Santé de l'Université de Lyon, PAI 22 : Qualité de vie en études à l'ECL, Comment on s'aime ?, CNAE, Charte VSS de Centrale Lyon